La TV connectée, son avenir en océanieLa télévision connectée est en plein développement mais les téléspectateurs ne savent pas toujours précisément de quelle offre ils disposent et les modifications impulsées par cette évolution dans le paysage audiovisuel. Une dizaine de personnes dans le public et les auditeurs de Polynésie Première ont pu assister au débat des intervenants sur la question ce mercredi 13 février de 13h30 à 14h45. Pascal Lechevallier, directeur de What’s hot qui a également travaillé douze ans au sein de TF1 ; l’ATPA (association tahitienne des professionnels de l’audiovisuel) ; Yves Haupert, directeur de TNTV ; Christine du SPAF, syndicat des producteurs audiovisuel de Polynésie française ; Antoine Chotard, responsable veille et prospective au sein de l’association Aquitaine Europe Communication.

La TV connectée c’est quoi ? C’est la juxtaposition hybride au sein d’un même écran : celui du Smartphone et celui de la TV, qui ont deux modes de vécu, deux régimes hétérogènes. Le média TV est augmenté du média réseau.

La TV telle qu’on la vit aujourd’hui, c’est terminé. La preuve en image avec Pascal Lechevallier commentant une soixantaine de diapositives présentant plusieurs statistiques témoignant de la profonde évolution de l’environnement télévisuel :

  • L’offre des chaînes augmente
  • La télé se regarde sur plusieurs appareils : la tablette est devenue le 2eme téléviseur dans la mesure où 85% des utilisateurs de tablette disent regarder la TV avec cet appareil. Le téléviseur restant le point d’entrée principale
  • Les sources d’image se dispersent : youtube, piratage, Webséries…
  • Les audiences se fragmentent ce qui rend complexe la gestion du temps disponible
  • Le temps passé sur le téléviseur se répartit différemment
  • Les chaines ne font plus ce qu’elles veulent quand elles veulent !
  • Une économie nouvelle s’est créée : quelques 200 sociétés participent à la TV connectée.
  • Une cagnotte de 500 milliards de dollars en jeu : entre la publicité, les abonnements et les ventes de terminaux, le marché mondial de la TV connectée s’élève à plus de 500 milliards de dollars.
  • Facebook et Twitter commencent à avoir une influence déterminante sur la consommation de programme. D’autres statistiques affirment que 9% d’augmentation du buzz engendre un point d’audience supplémentaire. De quoi bouleverser l’économie de la TV…
  • NRJ12 est la deuxième chaine en termes d’audience sociale
  • Le poids de la vidéo sur Internet est très important. Sur les cinq prochaines années, la locomotive d’Internet, c’est la vidéo.
  • Quasiment 6 milliards d’appareils connectés susceptibles de regarder la TV en 2017
  • En France, le chiffre d’affaires de Google est supérieur à celui de TF1. Les chaines n’ont plus le monopole de la publicité

Ces évolutions récentes bouleversent la manière de regarder la télévision en accentuant le rôle de la TV connectée. Du côté des professionnels polynésiens, beaucoup de questions ont émergées.

Yves Haupert, directeur de TNTV : des modes de consommation de l’image différents et complémentaires. « Je ne suis pas d’accord, la TV telle qu’on la connait aujourd’hui n’est pas prête de s’éteindre, même si à côté d’elle grandit un autre format de TV, un autre support, d’autre manière de consommer la TV. Il restera toujours une manière familiale, traditionnelle de consommer la TV. Il nous faut répondre à ce développement de la technologie qui, une fois de plus, va plus vite que les contenus ». Deux idées chez Yves Haupert: il existe aujourd’hui des TV différentes. Il faut s’adapter aux technologies et usages nouveaux mais cela pose des problèmes de contenu : qui va le financer, quel modèle économique ? Quel cadre juridique pour ce nouveau paysage ?

Christine, représentante du syndicat des producteurs audiovisuel de Polynésie française rappelle que, pour l’instant, l’offre de connexion à Internet est de 8 Mb maximum en Polynésie. Aura-t-on les moyens de ces nouveaux supports ? « Ce qui est positif avec la TV connectée, c’est qu’on assiste à une redistribution de la parole. Ce métier, on le fera d’une façon différente mais on continuera à le faire. C’est juste une façon de penser différemment qui est en train de se mettre en place ».

Ne faut-il pas aller chercher les programmes, là où ils se trouvent ? Le fait que des jeunes sans diplôme parviennent à produire et à diffuser des films à partir de faibles moyens n’est-il pas une chose positive ?

Les acteurs traditionnels sauront-ils s’adapter à cette révolution ?