Téléfilm : “Une lubie de Monsieur Fortune” en tournage pour France 2 à Tahiti et MooreaUn jeune missionnaire, Vincent Fortune, débarque sur une petite île de Polynésie au début du XXe siècle. Son objectif : évangéliser les habitants. Mais ses propres croyances vacillent face à leur accueil sincère, leur liberté, leurs cultures, leurs Dieux… Tel est le synopsis du téléfilm « Une lubie de Monsieur Fortune”, actuellement en court de tournage dans la vallée de la Fautaua à Tahiti et qui sera diffusé en 2010 sur France 2. L’équipe comprend de nombreux polynésiens appelés à collaborer aussi bien devant que derrière la caméra.

Téléfilm : “Une lubie de Monsieur Fortune” en tournage pour France 2 à Tahiti et Moorea
Réalisé par Philippe Venault, co-produit par Mascaret films dont Tahiti Nui companies est coordinateur de production, avec Creative TV, “Une lubie de Monsieur Fortune” est l’adaptation d’un roman anglais de Sylvie Townsend Warner. Et pour réaliser ce téléfilm, la production n’a pas lésiné sur les moyens avec un budget total avoisinant les 330 millions Fcfp dont 134 de dépenses locales à travers l’embauche de 6 comédiens, 50 figurants, 8 danseurs, 32 techniciens audiovisuels et constructeurs de décors mais aussi l’achat de 1 804 nuitées et repas, 44 aller-retours Paris- Papeete, le transport aérien de 2,5 tonnes de frêt… Autant de chiffres qui font tourner la tête.

Un village d’époque qui deviendra pédagogique
Parmi les performances dont la contribution locale a été mise à l’épreuve, un village d’époque avec des fare locaux, en ni’au venus de Tahaa, a entièrement été reconstruit dans la vallée de la Fautaua. Ces fare seront d’ailleurs “cédés après le film à la mairie de Papeete pour créer une base de village pédagogique”, précise Christine Tisseau Giraudel, co-productrice.

“L’équipe polynésienne à la décoration a fait un superbe travail et on avait vraiment besoin de leur savoir-faire car nous nous ne savions pas comment les réaliser. Un énorme travail a été fait avec six fare construits avec l’illusion que l’on ne sait pas où le village s’arrête. Ça, c’est la magie du cinéma !”, ajoute le producteur Fredy Lagrost.

Deux seconds rôles polynésiens
Une histoire polynésienne, dans un décor purement polynésien et avec des acteurs polynésiens. En effet, si Grégori Dérangère, journaliste dans la série “Reporter”, actuellement sur Canal+, ancien amant d’Isabelle Adjani dans “Bon voyage”, ou gardien de phare dans “L’Équipier”, occupe le premier rôle, ce sont des Polynésiens recrutés sur place qui lui donnent la réplique, Heiva Ah-Min (Matahi, Théodore), danseur dans la troupe des Grands Ballets et Kaleinui Wong (Orama), tous deux seconds rôles. La distribution locale comprend également Michel Bompoil (L’abbé), Pierre Cognon (Le capitaine), Tihoti Faara (Hiro) et Teura Tehau (La chamane). Pour Tihoti Faara, qui joue le rôle de chef de village Hiro “je suis très content de jouer ce rôle parce que dans l’histoire de ce film, le missionnaire n’arrive pas à convertir les Polynésiens mais c’est nous qui le convertissons. C’est comme une victoire de nos ancêtres sur ceux qui ont voulu détruire notre culture”.

Un film donc sur la déroute d’un jeune missionnaire dont la mission était la conversion des Polynésiens au christianisme. Une “fable, celle de la confrontation des idéaux et des convictions religieuses avec ce personnage, qui arrive dans ce paradis terrestre qu’il ne voit même pas tellement il est aveuglé par ses principes religieux” , rappelle Grégori Dérangère. Une pure fiction quidonne à réfléchir squr la découverte d’une autre culture, d’un autre rapport à la nature et plus profondément l’acceptation de l’autre…

Interview de Bénédicte Lesage, productrice de Mascaret films

> Historique du projet
L’auteur scénariste, Patrick Laurent, avec qui nous travaillons régulièrement, nous a proposé l’adaptation du livre « Une lubie de M. Fortune » de Sylvia Townsend Warner.
Nous l’avons proposé à France 2, en 2008, qui a accepté de participer au développement en septembre 2008 pour renouveler les propositions de leur case de « fiction historique ».
Acceptation du scénario par France 2 septembre 2009.

> Quels ont été les éléments déterminants dans votre décision de tourner en Polynésie française ?
Pour les décors, nous aurions pu tourner en Guadeloupe/Martinique où les tournages de fiction françaises sont de plus en plus nombreux, mais nous aurions eu un problème pour le casting qui à 90% était constitué de polynésiens natifs du XIXè siècle.

D’où le choix de la Polynésie. Nous avons alors demandé et obtenu l’accord du CNC, pour que les dépenses polynésiennes soient considérées comme françaises, au regard de la législation du CNC et du crédit d’impôt.

Nous avons vérifié qu’un Bureau du film existe sur place avec une personne compétente et efficace. Nous leur avons demandé des noms de producteurs sur place. Et après une première rencontre avec Christine Tisseau Giraudel, nous avons été convaincus d’avoir un interlocuteur professionnel et disponible sur place.

Les premiers repérages en novembre, nous ont permis de valider définitivement le tournage sur place dans la mesure où il existe un système d’aide à la production nous permettant de compenser une partie du surcoût lié à la destination, une volonté politique de développement de la production, et bien sûr les décors et le casting accessibles et tout à fait pertinents artistiquement, ainsi que la présence d’un certain nombre de techniciens compétents sur place, et complément indispensable en terme de coût, le soutien du Gie Tourisme et d’Air Tahiti.

> Que pensez-vous de cette première expérience de tournage en Polynésie française ? Quelles différences avec une autre destination de tournage ?

Très belle première expérience. Artistiquement ravis, quelques difficultés administratives principalement au niveau fiscal (TVA), manque de matériel cinématographique sur Tahiti (peu de matériel sur place et beaucoup trop cher 3 à 4 fois les prix pratiqués en Métropole).

Un certain nombre d’adaptation juridique à faire en fonction des spécificités de la loi du travail en vigueur en Polynésie.

Très bonne surprise artistique (casting impeccable), volonté des institutions de résoudre les difficultés, très bon accueil, véritable compétences et qualité de travail des techniciens engagés.

Prêt à produire dès demain et avec grand bonheur d’autres projets en Polynésie (et toute l’équipe technique serait ravie de revenir !!!).

Il faudrait régler les questions fiscales qui restent le gros point noir et maintenir le dispositif de l’APAC et le soutien sur les billets et le fret, indispensable économiquement.

Pour finir, une production exécutive exceptionnelle sur place, d’une grande rigueur, efficacité et d’une force de travail impressionnante tant du point de vue artistique, que logistique et administrative.

Merci à toutes et à tous sur place.

Bénédicte LESAGE

Fiche technique

TITRE: Une lubie de Monsieur Fortune
REALISATEUR: Philippe Venault
PRODUCTION: Mascaret films (France)
CO PRODUCTION: Creative.tv
PRODUCTION EXECUTIVE: Tahiti Nui Companies (Polynésie française)
DUREE: 90 minutes
PAYS: France
LIEUX DE TOURNAGE: Tahiti et Moorea
EQUIPE: 30 personnes (France), 35 personnes (équipe locale)
DATES DE TOURNAGE: du 15 juin au 15 juillet 2009
DUREE DE PRODUCTION: 10 jours de repérage, 30 jours de pré production, 21 jours de tournage
FORMAT DE TOURNAGE: Super 16
DIFFUSION: France 2

Sources : http://www.ladepeche.pf, http://www.tahiti.tv