Fifo 2009, le palmarèsLe grand théâtre de la Maison de la culture était comble pour la soirée de gala du FIFO 2009, réuni autour des organisateurs du festival et des personnalités du Pays et de l’Etat, afin de découvrir les lauréats de cette sixième édition du Festival international du film documentaire océanien. C’est la Néo-Zélandaise Annie Goldson qui emporte le Grand Prix du Jury avec « An Island Calling ».

Fifo 2009, le palmarès
John Scott, responsable de la Croix Rouge à Fidji, lors du coup d’Etat de 2000, est assassiné en 2001 à Suva, par un jeune fidjien ami du couple qu’il formait avec son compagnon Greg Scrivener. Sur fond de fondamentalisme chrétien, de xénophobie et d »homophobie, le film relate le voyage de son frère venu d’Angleterre comprendre ce qui s’est passé…

Ce film dur, exprimant une certaine réalité sombre de cette région du Pacifique, a été récompensé d’un prix de 500.000 Fcfp (env. 4160 euros) ). « Quand on fait un film comme ça, on est pas seul, et c’est un réel voyage », a expliqué Annie Goldson en remerciant le FIFO de « mettre le Pacifique au centre du monde. Dans les autres festivals, on a souvent l’impression d’être en marge », a-t-elle conclu en recevant son prix

Le jury a également attribué trois prix spéciaux, avec un chèque d’un montant de 300.000 Fcfp (env. 2500 euros) pour chacun des lauréats:

– Sepraceck City, une production du Vanuatu, réalisée par Emmanuel Broto et Fabienne Tzerikiantz, effectue un contre-champ sur les habitants de l’île de Santo, après que l’expédition scientifique venue inventorier la biodiversité de l’île, en 2006, soit partie;

– The Oasis, de l’Australienne Sascha Ettinger-Epstein, avec Ian Darling, décrit un foyer qui accueille des adolescents paumés dans la banlieue de Sidney;

– Quant à River of no return, ce film raconte la vie de Frances Daingangan, une aborigène devenue star de cinéma partagée entre un mode de vie traditionnel et celui, plus moderne de la culture « blanche ».

Le Prix du Public a été attribué à Marquisien mon frère, une production polynésienne réalisée par Jacques Navarro-Rovira, déjà Grand Prix du Jury, en 2008, avec Horoa.

Des perspectives pour le futur

Comme l’exprimait, vendredi, le président du jury, Pierre Henry-Deleau, le FIFO 2009 aura été un cru « très positif ». Depuis mardi, il a attiré de nombreuses personnes. Pas loin de 16.000, annonce l’organisation du festival qui, outre les projections de films – en et hors sélection – a été l’occasion de nombreux contacts. Les débats, très riches, autour du numérique ont fait l’objet d’une diffusion intégrale par RFO radio, chaque jour. Et – pour ceux qui n’ont pu y participer – l’on pourra les retrouver sur les sites Internet de la Maison de la culture, de l’ICA et du festival.
Les ateliers ont permis des initiations passionnantes aux techniques de l’audiovisuel, tandis que des rencontres avec des réalisateurs étaient l’occasion de découvrir quelques-unes des arcanes de la création.
Le troisième Colloque des TV océaniennes a notamment permis aux responsables de télévisions du Pacifique de décider de la création d’un fonds d’aide régionale à la production audiovisuelle.

Le FIFO, qui est un espace de promotion, permet aussi la rencontre avec des professionnels de l’audiovisuel d’autres régions intéressés pour faire connaître chez eux la culture du Pacifique en général et de Tahiti en particulier. Ainsi, Catherine Drolet, du Canada, recherche des films révélateurs d’une authenticité polynésienne pour le Festival « Présence autochtone » qui ouvre, cette année un volet consacré à la Polynésie. Il s’agit d’un échange culturel intitulé « Première nation et peuple ma’ohi, cinéma et enjeux » (www.nativelynx.qc.ca). Ce festival invite les artistes polynésiens à se rendre au Québec (Montréal) pour présenter leurs films et participer à des débats.

En 2010, le FIFO ne sera plus sous l’égide partenariale importante de RFO, comme l’a annoncé vendredi soir, Michel Kops, le directeur de la station régionale RFO Polynésie, mais le relais sera pris par France Télévision au sein de laquelle l’ensemble des stations d’Outre-mer de RFO vont fusionner. Les dates du FIFO ont dores et déjà été annoncées, il se tiendra toujours à la Maison de la culture de Papeete, du 26 au 31 janvier prochains.

Les passionnés pourront encore visionner l’intégralité de la sélection 2009, ce dimanche 1er février à la Maison de la Culture, de 09h00 à 18h00 dans deux salles différentes : le Petit Théâtre et la Salle Muriavai.

Source : Tahiti presse, www.fifotahiti.org