Fifo 2009: la société numérique, enjeux et perspectivesLe FIFO accueille cette année en son sein les « 1ères Rencontres du numériques », l’occasion d’échanger et de débattre autour de la révolution, plus que technologique, qu’introduit la numérisation généralisée de l’information et de sa mise en réseau au niveau planétaire, via l’internet. Mardi, le débat a notamment permis d’en préciser le paysage général et d’introduire « l’aspect évolutif du numérique en Polynésie ».

Fifo 2009: la société numérique, enjeux et perspectives (Tahiti)
Marcel Desvergne, président d’Aquitaine Europe Communication (AEC) a officiellement ouvert, mardi, les 1ère Rencontres Numériques, en rappelant l’absence de Dominique Wolton remplacé par Michel Paoletti (Conseiller Economique et Social de la Polynésie française).
Plusieurs intervenants ont pu aborder la question sous des angles différents. Ainsi, Jean-Noël Tronc, conseiller technique puis conseiller pour la société de l’information au cabinet du Premier ministre, de juin 1997 à juin 2002, également auteur de plusieurs essais sur la question (Où va la télévision numérique ? Septembre 2008), a rappelé l’évolution rapide du nombre d’internautes depuis quinze ans (plus de 3 milliards d’utilisateurs aujourd’hui).

« Les interrogations d’aujourd’hui s’orientent vers la qualité des services proposés alors qu’il y a cinq ans, se posait seulement la question de l’accès à cette technologie », a-t-il expliqué. Il ne faut pas néanmoins minimiser l’existence d’une rupture culturelle, la fameuse « fracture numérique » entre ceux pour qui l’Internet est totalement intégré à leur style de vie, et ceux qui n’y ont pas encore accès, a-t-il voulu souligner.

A ce titre, le rôle de « l’accès aux nouvelles technologies pour tout le Pays », par l’intermédiaire de l’OPT a été évoqué par son actuel président du conseil d’administration, Moana Tatarata. De son côté, Fabrice Siu a tout d’abord présenté l’activité de son entreprise, Mara Télécom, qui va bientôt proposer aux Polynésiens une technologie de troisième génération. « L’UMPS permettra un transfert de données à très haut débit, bien plus rapide que l’ADSL », a précisé M. Siu.

« S’intéresser au visage social des télécommunications »

Pour Serge Bergamelli, directeur du département Equipement numérique à la Caisse des dépôts, il est primordial de « ramener le sujet sur la scène politique ». Il est important, selon lui, que les acteurs locaux se concertent et présentent un programme sur le numérique afin de préparer l’ensemble des secteurs qui vont être impactés.
Karl Tefaatau, représentant une délégation au développement des technologies dans le gouvernement, a voulu rappeler que la mission principale de cette délégation était de « lutter contre la rupture sociale causée par le numérique, et de s’intéresser au visage social des télécommunications ».

Patrice Magnard, en qualité de fournisseur de services numériques (soutien scolaire en ligne) a rappelé l’importance d’une formation à l’utilisation du numérique et la nécessité de l’implication de l’Etat. Les jeunes passent un temps considérable devant les écrans (ordinateur, jeux vidéo, télévision, téléphone portables). Ceci peut créer une addiction et un risque de « mal bouffe numérique », a-t-il voulu alerter.

Une des préoccupations principales est de savoir si c’est à la société de s’adapter aux nouvelles technologies ou au contraire, si la société doit créer une stratégie et une politique afin de gérer l’utilisation et les mutations causées par l’arrivée des nouvelles technologies, a-t-il été rappelé au cours du débat.

Source : Tahiti Presse