Le marché audiovisuel en Polynésie françaiseA l’exemple de nos voisins du Pacifique comme la Nouvelle Zélande, la Polynésie s’organise et se professionnalise afin de développer la filière audiovisuelle et cinématographique. Beaucoup reste encore à faire avant de parler d’une véritable industrie, bien que le secteur ait été particulièrement dynamique ces cinq dernières années.

Création de deux organisations professionnelles pour la défense et la promotion de la filière

L’Association Tahitienne des Professionnels de l’Audiovisuel (ATPA), et le Syndicat des Producteurs Audiovisuel de la Polynésie (SPAPF), ont été créés respectivement en 2003 et 2007, afin de défendre les intérêts de la filière et de promouvoir ce secteur. L’ATPA est présidée en 2008 par Monsieur Karl REGURON, un producteur qui a notamment remporté le grand prix du jury FIFO 2008 avec « HORO’A », et le SPAPF, par Monsieur Hervé BOITELLE, un producteur qui a obtenu le prix du film documentaire animalier au festival mondial de l’image sous-marine d’Antibes 2008 pour le documentaire « Sur le dos des baleines ». Ces deux réalisations ont notamment été cofinancées par l’APAC. Ces deux organisations représentent un peu moins d’une trentaine de producteurs, réalisateurs, et techniciens professionnels, sur une soixantaine d’inscrits au Registre du Commerce de Papeete.

Création en 2007 d’une Aide à la Production Audiovisuelle et Cinématographique (APAC)

Les représentants de ses organisations professionnelles ont participé activement avec le gouvernement et le Service de Développement de l’Industrie et des Métiers (SDIM) à la mise en place de cette Aide à la Production Audiovisuelle et Cinématographique le 25 septembre 2007. Le dispositif de soutien vise à favoriser l’émergence et le développement des métiers de l’audiovisuel, et de mettre en valeur la diversité et la richesse du patrimoine naturel et culturel polynésien. Les aides portent en particulier sur l’écriture de scénario, le développement et la réalisation des films que cela soit sous forme de documentaire, de clip, ou encore de court et long métrage de fiction. L’APAC participe également à la promotion de la filière au travers d’organisation d’évènements tel que le FIFO.

Le FIFO, Festival International du film Océanien, une locomotive pour la filière en Polynésie

Avec la sixième édition en janvier 2009 à la Maison de la Culture de Papeete, le FIFO s’impose comme un vecteur important de la promotion et de la formation pour l’ensemble des métiers de l’audiovisuel, avec des ateliers d’écritures de scénario, d’initiations à la réalisation, au tournage, au montage, mais aussi sur la réflexion de la TV de demain avec l’arrivée du câble numérique.

Le câble numérique et la TNT, un tremplin pour le développement de la filière

L’arrivée prochaine du câble numérique en Polynésie en 2010 et de la TNT, crée également une émulation dans le secteur de l’audiovisuel, considéré comme une filière à fort potentiel de développement notamment à l’export. De nombreux projets sont d’ores et déjà en cours de réflexion avec différentes autorités territoriales et des entreprises privées. Une première initiative privée a déjà été concrétisée, avec le lancement de la première webtv 100% Polynésienne en septembre 2008 (www.tahiti.tv).

L’association ACTION, une initiation par la pratique pour les jeunes voulant maîtriser les métiers de l’audiovisuel

L’association ACTION est une association accompagnant les jeunes, pratiquants ou souhaitant pratiquer les métiers de l’audiovisuel et du cinéma en Polynésie française. Ses principaux objectifs sont d’être un lieu d’accompagnement de projets professionnels, de développer une démarche pédagogique originale cohérente d’éducation et de formation aux métiers de l’audiovisuel, et de soutenir les échanges de savoir entre toutes les générations (www.actiontahiti.com). Elle regroupe 24 membres actifs et stagiaires, dont 12 jeunes patentés.

Lancement d’une nouvelle formation aux métiers de l’audiovisuel, dans le cadre des actions du service de formation continue de l’UPF

Avec le partenariat du Ministère de l’industrie, des très petites, petites et moyennes entreprises et des métiers, le SPAPF, l’association ACTION et l’INA (Institut National de l’Audiovisuel), une formation pour un diplôme d’université de 1er cycle « métiers de l’audiovisuel » est lancée en 2008/2009. Cette formation s’étalant sur une année universitaire, est découpée en 9 modules, qui s’articule autour d’ateliers d’écriture de scénario (32h), de production (32h), de tournage (160h) et de montage (64h). Cette formation contribue à favoriser l’émergence d’une nouvelle vague de talents, et s’inscrit dans la politique d’aide à la production audiovisuelle locale arrêté par le territoire.

Le gouvernement souhaite inscrire l’APAC dans une véritable politique de développement de la filière

Monsieur Mairai SUN, ministre de l’industrie, des très petites, petites et moyennes entreprises et des métiers, et également président de la commission APAC, a constitué un comité de pilotage pour le développement de la filière audiovisuelle et cinématographique en Polynésie. Tenant compte des opportunités de marché qu’ouvre le câble numérique, de l’arrivée de la TNT, de la richesse du patrimoine naturel et culturel de la Polynésie, le ministre travaille en partenariat avec l’ensemble des acteurs économiques de la filière, sur un programme d’actions à court, moyen et long terme, répondant à une stratégie de développement local et international.
Lors d’une mission du ministre à Paris en octobre 2008, un accord de partenariat a été trouvé avec le Centre National de la Cinématographie (CNC), pour accompagner la Polynésie dans le développement de cette filière, notamment en ouvrant l’accès aux producteurs polynésiens à ces différents dispositifs d’aide. Cet accord devrait se concrétiser par la signature d’une convention entre le pays et le CNC courant 2009.

Le CNC encourage vivement le bureau d’accueil des productions étrangères à Tahiti, à intégrer officiellement le réseau international de FILM FRANCE. Jusqu’à fin 2008, c’est Tahiti Film Office qui assurait ce service, avec le relais également du GIE TAHITI TOURISME et de certains producteurs locaux. L’incitation des productions étrangères à réaliser des films en Polynésie, rentre en effet dans la stratégie de développement, de part l’expérience acquise des producteurs et techniciens Polynésiens travaillant sur ces productions, de part toute la publicité faite au niveau international, et également de part les activités générées localement, notamment pour la réalisation des décors et costumes, le transport, le logement, ou encore la restauration.

Source : http://www.finances.gov.pf/