festival international du film documentaire océanienLe FIFO n’est pas un festival comme les autres. Situé à Tahiti, au centre du Pacifique sud, le FIFO, créé en 2004, se veut être le carrefour annuel des images océaniennes. Trait d’union entre les peuples de Mélanésie, de Micronésie, de Polynésie et l’Occident, le festival est devenu un lieu privilégié où la parole et l’image sont données à l’homme du Pacifique.

Les objectifs
Ce festival se fixe différents objectifs :

. Réaliser un évènement pour le grand public polynésien en janvier

. Réunir tous les professionnels de l’audiovisuel de la région et faciliter le développement de projets en commun et d’échanges d’informations sur des sujets d’actualités
Identifier la richesse des productions nationales et internationales qui traitent de l’Océanie en les mettant en compétition afin de valoriser les meilleures réalisations et faciliter leurs ventes sur les marchés mondiaux

. Créer un marché entre les producteurs de documentaires océaniens et les acheteurs mondiaux de télévision.

Le Fonds FIFO
Depuis la première édition du FIFO en 2004, l’Institut de la Communication Audiovisuelle (ICA) a collecté près de 200 films documentaires sur la région dans ce cadre. Cette collection constitue un catalogue unique de la production audiovisuelle dans l’ensemble de la région.

Les partenaires
RFO, le gouvernement de la Polynésie française, l’Etat, Air France, la SEP, le Gie Tahiti Tourisme, la Mairie de Papeete, la Banque de Tahiti, Electricité de Tahiti, l’Université de Polynésie et CFI.

Pour toute information sur le FIFO, écrivez à : info [at] fifotahiti. org

Interview de Tahiti presse

festival international du film documentaire océanienTahitipresse: Quelles sont les retombées du Festival ?

Heremoana Maamaatuaiahutapu : « Outre les retombées économiques indirectes propres à ce titre d’événement international, l’une des premières retombées, pour la Polynésie française, a été la mise en place de l’APAC, l’aide à la production locale audiovisuelle et cinématographique. Évoquée lors de la première édition, elle a été mise en place trois ans après, et deux productions ont pu en bénéficier en 2008, deux autres en 2009. L’un d’entre eux a déjà été acheté par la chaîne japonaise NHK ».

Wallès Kotra : « Ça structure tout un secteur d’activité du territoire, sociétés de production, techniciens… Tout ça vit, et surtout, débouche sur du concret »

Heremoana Maamaatuaiahutapu : « En ce qui concerne l’organisation proprement dite, la Maison de la Culture a pris en charge, par exemple, la traduction des sous-titrages pour des films étrangers. Ce qui a donné du travail à des traducteurs. Cela représente une valorisation qui leur permet par exemple d’être diffusé en France ».

Wallès Kotra : « Pendant une semaine, le FIFO permet un focus sur la Polynésie, qui devient, grâce à une couverture médiatique forte, porteuse de l’Océanie tout entière. Les gens qui viennent d’ailleurs pour y participer ne se déplacent pas seuls. Ils sont connectés à des réseaux souvent importants. C’est le cas, actuellement, avec la présence de Geoffrey Daniels, vice-président de la chaîne National Geographic. Le festival a ainsi permis une vraie connexion avec l’Université de Hawaï, qui est un foyer intellectuel important ».

Heremoana Maamaatuaiahutapu : « Au niveau culturel, le festival permet une véritable ouverture des esprits. C’est un lieu de rencontre formidable qui permet au public de découvrir les différentes facettes de la réalité de l’Océanie. Grâce à ce public, cette connaissance de l’Océanie peut se diffuser au-delà. Le FIFO peut susciter des créations, également. C’est le cas de « L’Exploration inversée », réalisé par un ancien membre du jury, Jean-Marie Barrère. C’est l’histoire de deux Papous qui découvrent la France…Ce film est aujourd’hui diffusé sur Canal + ».

Tahitipresse: Le philosophe et ethnologue Claude Levi-Strauss disait que « la civilisation mondiale ne saurait être autre que la coalition des cultures préservant chacune son originalité ». Un film projeté hors compétition, « Les Autres Hommes », de Michel Viotte, relate justement l’évolution du regard des européens sur les autres cultures et notamment sur les cultures océaniennes, amérindiennes, africaines…

Heremoana Maamaatuaiahutapu : « Tout se tient. Une aide économique comme l’APAC permet à des réalisateurs locaux de faire valoir un point de vue local. Même s’ils ne sont pas encore très nombreux, on note une évolution dans ce sens ».

Wallès Kotra : « D’ailleurs, il y a une demande et une réflexion pour créer une sorte d’APAC au niveau régional. Pour revenir à Levi-Strauss, la présidente d’honneur du FIFO, Laure Adler, suggérait pas plus tard qu’hier la création d’un Prix Lévi-Strauss, qui aille dans ce sens »

Heremoana Maamaatuaiahutapu :
« Il n’y a pas que le dialogue des cultures. Le FIFO est aussi un lieu de rencontres des compétences. Il permet à des responsables d’horizons intellectuels, économiques ou techniques très différents, de débattre et de « respirer » à propos des problématiques du pays confrontées à la mondialisation. On est en plein au coeur de tout cela avec les 1ères rencontres numériques qui sont organisées dans le cadre du festival ».

Source : Tahiti presse